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Le Gabon des Provinces et des Départements |
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Le Gabon s’étend sur deux zones géographiques distinctes : le tiers occidental du pays est une région de basses terres bordant 890 km de côtes ; les deux tiers restants occupent le bassin sédimentaire de l’Ogooué. Le fleuve, né au Congo, coule parallèlement à l’équateur, pour se jeter dans l’Atlantique à Port-Gentil. Il sépare les monts de Cristal, s’élevant au nord-ouest à 900 m d’altitude, des monts Du Chaillu, culminant au sud à 972 m (mont Iboundji). Les monts de Cristal se prolongent par les crêtes du Mayombe. Le nord-est du territoire se caractérise par des plaines et des collines. L’Ogooué, navigable jusqu’à N’Djolé, à l’entrée de la plaine, reçoit de nombreux cours d’eau qui prennent leur source dans les massifs gabonais. Climat Le Gabon est soumis à un climat équatorial, chaud et humide. La température (26 °C) ne varie que légèrement au long de l’année. Deux saisons sèches, de mai à septembre puis de décembre à janvier, alternent avec des saisons humides. À Libreville, la capitale, les précipitations moyennes annuelles sont de Ressources et contraintes du milieu naturel
POPULATION ET SOCIÉTÉ En 2002, la population était de 1,22 million d’habitants, dont 122 000 Gabonais résidant à l’étranger, une évaluation semblable pour 1997. Le Gabon est, quoi qu’il en soit, un pays sous-peuplé, avec une densité de 4,6 habitants au km2 selon l’hypothèse la plus haute. Il abrite de nombreux travailleurs originaires des pays voisins. Les trois cinquièmes des habitants vivent dans la zone côtière, l’intérieur du pays étant quasi désert. Sa faible population explique que le Gabon, jouissant d’une rente minière, ait un revenu par habitant parmi les plus élevés de l’Afrique noire. Cependant, le système de soins et les conditions de vie demeurent ceux d’un pays en développement, si l’on se réfère au taux de mortalité infantile (94 p. 1 000 en moyenne en 2002) et à l’espérance de vie (49,1 ans). Bien que peu peuplé, le Gabon compte près d’une quarantaine de groupes ethniques, parmi lesquels les Adoumas, les Kota, les Batékés, les Kwele et les Mpongwés. Les Fang, habitant le Nord, représentent un tiers de la population. Le Gabon a attiré une importante main-d’œuvre en provenance d’autres pays africains tels que la Guinée équatoriale, le Nigeria, le Congo, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, le Bénin et le Burkina. Les cadres des entreprises pétrolières ou minières sont européens, notamment français (20 000). Les Pygmées, sans doute les premiers habitants du pays, ne sont plus que quelques milliers. Découpage administratif et villes principales Le Gabon est divisé en neuf provinces. En 1994, près de la moitié des habitants était des citadins. La capitale, Libreville, est la plus grande ville, avec une population estimée à 370 000 habitants en 1993. Viennent ensuite Port-Gentil (125 000 habitants), centre des industries de transformation du bois et de raffinage de pétrole, et Masuku, ancienne Franceville (75 000 habitants). Lambaréné (30 000 habitants) se situe dans la zone des plantations de palmiers à huile et abrite l’hôpital fondé par le médecin missionnaire français Albert Schweitzer. Institutions et vie politique À partir de 1968, soit un an après l’arrivée au pouvoir du président Omar BONGO ONDIMBA, le Parti démocratique gabonais (PDG) devient le seul parti autorisé. En 1990, une conférence nationale est convoquée et le pouvoir autorise le multipartisme. Les premières élections législatives pluralistes se déroulent la même année. En 1991, l’Assemblée nationale adopte une nouvelle Constitution instituant un régime semi-présidentiel, garantissant les libertés individuelles et publiques, et interdisant les partis affichant une identité ethnique. Le 10 mars 1997 voit la création d'une deuxième Chambre au Parlement, le Sénat. Les principaux partis politiques, outre le Parti démocratique gabonais (PDG), sont le Rassemblement national des bûcherons (RNB), parti d’opposition réuni autour de Paul Mba Abessole, le maire de Libreville, le Forum d’action pour le renouveau (FAR), le Parti gabonais du progrès (PGP), le Parti social-démocrate (PSD), le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) et l’Union pour le socialisme au Gabon (USG). Langues et religions La langue officielle est le français, mais les différentes communautés parlent également leurs langues et leurs dialectes propres, pour la plupart des langues bantoues (batéké, fang, etc.). Près de 95 p. 100 des Gabonais sont chrétiens, 4 p. 100 sont animistes et 1 p. 100 musulmans. La pratique de l’islam et du christianisme demeure cependant fortement marquée par les religions traditionnelles. Éducation L’école est obligatoire au Gabon pour les enfants de six à seize ans. En 1998-1999, 265 244 élèves fréquentaient l’école primaire et 86 543 étaient inscrits dans des établissements secondaires. Sur l’ensemble des élèves, seuls 8,1 p. 100 allaient à l’université en 1998. Le pays est doté d’écoles techniques et d’instituts de formation de maîtres, ainsi que d’une université, l’université Omar-BONGO ONDIMBA créée en 1970. En 2000, le taux d’alphabétisation s’élevait à 70,8. ÉCONOMIE En 1994, le produit intérieur brut (PIB) du Gabon était de 3,6 milliards de dollars, soit le 75e rang mondial. Le Gabon apparaît ainsi comme un pays riche sans que, pour autant, son économie soit celle d’un pays développé. En effet, celle-ci demeure étroitement dépendante de l’exploitation des ressources minières et forestières ; elle est donc très exposée aux fluctuations de la conjoncture internationale. Après la hausse des cours du pétrole dans les années soixante-dix, le pays a subi de plein fouet la chute du prix du baril, à partir de 1986. En outre, le Gabon a dû supporter les conséquences de la dévaluation du franc CFA. Cependant, son PIB est croissant, bénéficiant d’une maîtrise de l’inflation et d’un plan de réformes élaboré avec le FMI. Agriculture, forêts, pêche En 1994, le secteur agricole occupait 48 p. 100 de la population active, mais ne contribuait que pour 8 p. 100 au PIB. Il s’agit essentiellement d’une agriculture de subsistance, dont le principal produit est le manioc. De petits volumes de cacao, de café (120 t), d’huile de palme et d’arachide sont cultivés pour l’exportation. En raison des conditions climatiques, des maladies tropicales endémiques et des parasitoses, l’élevage est peu développé (36 000 têtes de bovins). En 1992, les prises de poissons s’élevaient à 5 000 t. La principale activité du secteur primaire est en fait celle du bois. Le Gabon est le premier producteur mondial d’okoumé, un bois tendre utilisé pour le contreplaqué. En 1993, les coupes de bois s’élevaient à 4,44 millions de m3, l’okoumé représentant 93 p. 100 des ventes totales. Mines et industries En 1994, 10 p. 100 de la population active travaillait dans le secteur minier, qui réalisait, avec l’industrie, 45 p. 100 du PIB. L’exploitation minière s’est développée rapidement depuis l’indépendance. En 1995, la production de pétrole, extrait des gisements côtiers et off-shore de Mandji et Rabi-Kounga, s’élevait à 17,63 millions de t. Les raffineries sont situées à Port-Gentil et Pointe-Clairette. L’exploitation des gisements pétroliers gabonais est en grande partie concédée à la société française ELF, désormais intégrée au groupe TotalFinaElf. Le Gabon est le troisième producteur mondial de manganèse et ses exportations sont en hausse. Le minerai extrait à Moanda dans le sud est particulièrement riche. Sa production atteignait 720 000 t en 1995. Les réserves de minerai de fer, à Mekambo et Bélinga dans le nord-est, représentent plus de 500 millions de t. Leur exploitation a été rendue difficile par l’absence de moyens de transports, notamment de voies ferrées. Les réserves de phosphate sont également abondantes : elles représenteraient un tiers de la production annuelle mondiale. Le Gabon produit également de l’uranium. Le secteur industriel demeure peu développé. Il concerne surtout le raffinage du pétrole, la transformation du bois et l’agroalimentaire. Un programme de privatisation des entreprises publiques a été engagé en 1995, afin de résorber le déficit public. Environ 1 020 millions de kWh étaient générés annuellement dans les centrales électriques en 1999, 70,10 provenant d’installations hydroélectriques, notamment celle de Kinguélé, près de Libreville. Secteur tertiaire Les services sont peu développés et n’emploient que 31 p. 100 de la population active. Dans le domaine des transports, la couverture forestière et le climat font obstacle au développement des infrastructures. Le Gabon possède 8 464 km de routes, dont 10 p. 100 sont goudronnées. Une autoroute de 869 km traverse le pays du nord au sud, le reliant à Loubomo au Congo et à Douala au Cameroun. Avant les années soixante-dix, une unique voie ferrée permettait la connexion avec M’Binda au Congo et la ligne Pointe-Noire-Brazzaville. La construction des 697 km du Transgabonais a commencé en 1974. Une section entre Owendo et Booué a été terminée en 1982, et son extension vers Masuku (Franceville), dans le sud-est, a été inaugurée en 1986. Il est également prévu une ligne desservant les gisements de minerai de fer du nord-est. Owendo et Port-Gentil sont les ports principaux. L’Ogooué et ses affluents, Ivindo et Ngounie, constituent des voies navigables. Commerce extérieur La monnaie du Gabon est le franc CFA, divisé en 100 centimes, qui a été dévalué de moitié en janvier 1994 (655,96 francs CFA = 1 euro). Le commerce extérieur est habituellement bénéficiaire. Les principaux partenaires commerciaux sont la France, les États-Unis, l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Japon et les Pays-Bas. HISTOIRE L’histoire ancienne du pays demeure mal connue et l’on sait très peu de choses sur ses premiers habitants, les traditions orales se référant à une période beaucoup plus récente. La découverte de vestiges datant du paléolithique et du néolithique a révélé cependant une occupation très ancienne du territoire de l’actuel Gabon, alors qu’il était couramment admis, jusque dans les années soixante, que les forêts n’avaient pas été pénétrées. Les Pygmées sont les premiers habitants connus de la forêt gabonaise. Vers le XIIIe siècle, les peuples de l’ouest (Myénés, Mpongwés, Orungous et Galoas), se sont établis dans le pays. Ceux du sud-ouest, dont les Pounous, sont venus du Congo, ceux du sud-est (Nzabis, Téqués) sont liés aux Batékés de Brazzaville. L’installation des Fang, dans le nord, a commencé progressivement à partir de la fin du XVIIIe siècle. De la traite des Noirs à la colonisation française En 1472, les Portugais parviennent jusqu’à l’estuaire du Gabon et longent ensuite la côte atlantique. Les Portugais, puis les Français, les Hollandais et les Anglais développent, durant les siècles suivants, la traite négrière, à destination des pays du Nouveau Monde (voir Commerce triangulaire). Les Français sont les premiers à s’établir dans le pays de manière permanente : en 1838, ils signent un traité avec le souverain mpongwé et, cinq ans plus tard, ils créent un poste militaire dans l’estuaire du Gabon. Dès lors, les missions catholiques françaises se multiplient dans le pays. En 1849, Libreville est fondée pour des esclaves libérés des cales d’un navire négrier. Durant la seconde moitié du XIXe siècle, les Français étendent leur influence jusqu’à l’intérieur du pays, signant des accords avec les peuples du sud-est. Entre 1875 et 1885, Pierre Savorgnan de Brazza explore l’Ogooué et atteint le fleuve Congo. Après que la frontière entre le Cameroun allemand et le Gabon français a été fixée au congrès de Berlin, le Gabon devient, en 1886, un territoire de l’Empire colonial français. Les sociétés commerciales de la métropole reçoivent de vastes concessions et s’engagent dans l’exploitation de l’okoumé. La mise en valeur du territoire demeure néanmoins toujours très limitée. À partir de 1899, le Gabon est rattaché au Congo français, Libreville demeurant la capitale du territoire ainsi étendu. En 1904, elle perd cependant ce statut au profit de Brazzaville. En 1910, le Gabon devient une colonie de l’Afrique-Équatoriale française (AÉF). Albert Schweitzer, médecin missionnaire, fonde l’hôpital qui porte son nom à Lambaréné en 1913. Le travail forcé est utilisé notamment pour la construction du chemin de fer Congo-Océan. Les conditions de vie et de travail sont telles sur le chantier, où 20 000 à 30 000 hommes trouvent la mort, qu’elles suscitent les premières révoltes massives contre l’administration française. L’une des voix qui s’élèvent pour dénoncer les abus est celle de Léon M’Ba, un Fang nommé chef du canton en 1922. Il est exilé en Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine) en 1936. Acquis à la France libre après 1941, à l’issue d’affrontements meurtriers entre colons vichystes et gaullistes, le Gabon devient, en 1946, territoire français d’outre-mer, et récupère la région du haut-Ogooué. Cette région, où se situent les plus riches gisements miniers du Gabon, avait été transférée au Congo en 1925. En 1958, le Gabon vote pour son intégration au sein de la Communauté française. Léon M’Ba devient le Premier ministre de la République autonome du Gabon. Il est confronté aux critiques de la plupart des partis d’opposition, qui lui reprochent d’avoir ainsi renoncé à l’indépendance. Mais elle est proclamée deux ans plus tard, le 17 août 1960. Le Gabon indépendant
En 1973, BONGO ONDIMBA, réélu président sans opposition, se convertit à l’islam et prend le prénom d’Omar. Cette conversion marque une réorientation relative de la politique étrangère du pays. En 1974, le Gabon devient membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) — d’où le Gabon s’est retiré en 1995 —, puis intègre, en 1979, la Conférence islamique. Au cours de la même période, l’État gabonais prend des participations dans de nombreuses firmes étrangères et des Gabonais occupent des postes de direction autrefois dévolus aux étrangers. Toutefois, les relations avec la France ne sont jamais rompues, l’ancienne puissance coloniale conservant des intérêts économiques au Gabon (notamment par le biais de l’exploitation des ressources pétrolières), auquel la lient également des accords de défense. Les premières années de la décennie 1980 voient la création d’un mouvement clandestin fédérant l’opposition au régime d’Omar Bongo, lequel est également critiqué en France. Mais c’est la chute des cours du pétrole, entraînant des difficultés économiques, et nécessitant l’adoption d’un plan d’ajustement structurel sous l’égide du Fonds monétaire international (FMI), qui précipite la démocratisation de la vie politique. De 1987 à 1989, manifestations et émeutes se multiplient dans les villes. En 1990, l’autorisation du multipartisme se concrétise par la tenue d’élections législatives, dont les résultats sont contestés par l’opposition. De violentes émeutes éclatent, notamment à Port-Gentil, qui provoquent l’intervention militaire de la France. L’Assemblée nationale promulgue une nouvelle Constitution en mars 1991, dans un contexte de grèves et de troubles sociaux. L’élection présidentielle de décembre 1993 ne contribue pas à apaiser l’opposition démocratique, qui accuse la présidence de fraude. Le père Paul M’Ba Abessole, candidat populiste arrivé en deuxième position derrière Omar Bongo, constitue un gouvernement parallèle qui reçoit le soutien de toute l’opposition. De nouvelles émeutes, à Libreville et à Port-Gentil, en 1994, contribuent à l’ouverture de négociations entre le pouvoir et l’opposition. Les accords, difficilement négociés à Paris et conclus à Libreville en octobre 1994, prévoyant la formation d’un gouvernement d’union nationale, l’instauration d’un État de droit, la tenue de nouvelles élections législatives en 1996 ainsi que d’une élection présidentielle en 1998, sont approuvés par référendum en juillet 1995 (avec 96,48 p. 100 des suffrages exprimés en faveur du « oui »). Le code électoral gabonais doit être profondément révisé avant l’organisation du scrutin. Malgré une conjoncture difficile (diminution du prix du pétrole et effondrement de celui du bois en raison de la crise asiatique), le président Bongo est réélu en décembre 1998 avec 66,88 p. 100 des suffrages exprimés. L’opposition, regroupée autour de Paul Mba Abessole, le maire de Libreville, en un Rassemblement national des bûcherons (RNB), mais ne présentant qu’une unité de façade, met en question la régularité du scrutin et refuse de participer au gouvernement formé en janvier 1999 par Jean-François Ntoutoume-Émane. En cessation de remboursement de sa dette extérieure depuis octobre 1998, le Gabon parvient à un accord avec les bailleurs de fonds internationaux (FMI et Union européenne) en octobre 2000, impliquant la mise en œuvre de réformes structurelles. La situation économique s’améliore en 2000, grâce à une remontée des prix du pétrole et à la fin de la crise qui a affecté le secteur du bois. Au plan régional, le président Bongo mène une active politique de médiation dans les crises congolaises. Lors des élections législatives de décembre 2001, le parti du président, le Parti démocratique gabonais (PDG), remporte 85 sièges contre 13 pour l’opposition, dont 8 pour le Rassemblement national des bûcherons (RNB).
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