ALLOCUTION PRONONCEE PAR mONSIEUR RenE RADEMBINO CONIQUET, PRESIDENT DU SENAT
A L'OCCASION DE LA CLÔTURE de la PREMIERE session ordinaire , ANNEE 2008
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement;
Monsieur le
Président de l'Assemblée Nationale;
Mesdammes et Messieurs les Présidents des Corps Institutionnels ;
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;
Monsieur le Maire de la Commune de Libreville;
Madame le Maire de la Commune d'Owendo
Mesdammes et Messieurs les membres du Corps diplomatique ;
Distingués Invités ;
Mesdames et Messieurs,
Mes Chers Collègues.
Nous procédons aujourd'hui à la clôture de la première session ordinaire du SENAT, ouverte il y a quatre mois, plus exactement le 03 mars 2008.
Conformément à une tradition, je ferai le bilan de nos travaux législatifs, consacrés, pour l'essentiel, à l'examen de projets de loi soumis à notre examen par le Gouvernement.
Avant de dresser ce bilan, j'ai le plaisir de saluer la présence parmi nous de Monsieur Jean EYEGHE NDONG, Premier Ministre, Chef du Gouvernement qui a bien voulu rehausser l'éclat de cette cérémonie de clôture.
Mes salutations s'adressent aussi aux membres du Gouvernement qui l'accompagnent.
Par ailleurs, les Sénateurs et moi-même sommes, une fois encore, heureux d'accueillir, dans cet hémicycle, Monsieur Guy NZOUBA NDAMA, Président de l'Assemblée Nationale et lui adressons nos remerciements pour les mots aimables qu'il a prononcés à notre endroit, ce matin, à l'occasion de la clôture de la session de l'Assemblée Nationale.
Je voudrais aussi rendre hommage à Madame et Messieurs les Présidents des Institutions Constitutionnelles, aux personnalités gabonaises et étrangères qui ont toujours porté un intérêt aux activités de notre Institution.
Mesdames et Messieurs, soyez-en vivement remerciés.
Je voudrais, enfin, souhaiter une cordiale bienvenue à Monsieur Jean François NTOUTOUME EMANE, Maire de LIBREVILLE, ainsi qu'à Mme Jeanne MBAGOU, Maire de la Commune d'OWENDO, tout en leur exprimant plein succès dans l'exercice de leur nouveau mandat, à la tête de leurs communes respectives.
Monsieur le Premier Ministre, Distingués Invités,
Au terme de la présente session ordinaire, les Sénateurs ont adopté les textes ci-après:
- loi n°001/2008 complétant les dispositions de l'article 42 nouveau de la loi n°9/85 du 29 janvier 1986 portant Statut Général des Militaires;
- projet de loi portant ratification de l'ordonnance n°0025/PR/2008 du 11 janvier 2008 instituant les Délégations Spéciales dans les
Collectivités Locales;
- projet de loi portant ratification de l'ordonnance n°009/2008/PR du 25 janvier 2008 portant modification de certaines dispositions de la loi n°21/96 du 15 avril 1996 portant fixation des sièges des Sénateurs;
- loi n°005/2008 portant création, organisation et fonctionnement de l'Agence Nationale de l'Aviation Civile;
- lois n°006/2008, n°007/2008, n°008/2008, n°009/2008,
n°010/2008 autorisant l'Etat Gabonais à contracter cinq emprunts auprès de l'Agence Française de Développement (AFD), de la Banque Islamique de Développement (BID), de Calyon et de Bank Austria (BAA) ;
- lois n°011/2008, n°012/2008, n°013/2008, n°014/2008,
autorisant l'Etat Gabonais à contracter quatre emprunts auprès de l'Import-Export Bank of India, la Banque Africaine de Développement et Calyon ;
- lois n°015/2008, n°016/2008, n°017/2008, autorisant l'Etat Gabonais à contracter trois emprunts auprès de la Banque de Développement des Etats de l'Afrique Centrale, de la Banque Arabe pour le Développement Economique en Afrique et du Fonds International de Développement Agricole;
- loi n°018/2008 portant ratification de l'ordonnance n°006/2008/PR portant modification de la loi n°014/2002 du 28 janvier 2003 portant Création et Organisation du Centre de Propriété Industrielle
du Gabon;
- loi n°019/2008 portant ratification de l'ordonnance n°004/PR/2008 portant Changement de Dénomination du Centre de Normalisation et de Transfert des Technologies (CNTT) en Agence de Normalisation et de Transfert des Technologies.
- loi n°020/2008 portant ratification de l'ordonnance n°003/2008/PR du 18 janvier 2008 portant modification de certaines dispositions de la loi n08/83 du 31 décembre 1983 portant Code des Participations;
- projet de loi portant Code des Investissements Agricoles en République Gabonaise. Ce texte a été adopté en termes non identiques que l'Assemblée Nationale et fera l'objet de la tenue d'une Commission Mixte Paritaire;
- projet de loi portant politique de Développement Agricole Durable.
Ce texte a été également adopté en termes non identiques.
Monsieur le Premier Ministre, Distingués Invités,
Les élections locales des 27 et 29 avril 2008 me donnent l'occasion de rappeler les fondements historiques et techniques qui ont motivé l'heureuse initiative du Président de la République, Chef de l'Etat, Son Excellence El Hadj Omar BONGO ONDIMBA, initiative ayant abouti à la révision constitutionnelle portant création d'une seconde chambre du Parlement, le SENAT.
En effet, les prochains Sénateurs seront élus parmi les Conseillers ayant bénéficié du suffrage de nos populations, à l'occasion des dernières consultations électorales.
Je me permets ici de citer l'exemple de la France dont les Institutions ont servi de modèle dans la plupart des pays francophones, au lendemain des indépendances, et jusqu'à ce jour.
La naissance du Sénat Républicain français dont nous nous inspirons, de sa philosophie générale, remonte au 30 janvier 1875. Mais l'institution Sénat français a plus de 2 siècles et malgré les péripéties qui ont marqué sa longue histoire, elle tient la route.
Il faut retenir que l'idée d'une telle création était d'équilibrer les excès démocratiques et d'assurer l'équilibre et la permanence des Institutions Républicaines.
Il est donc clair que les personnes appelées à siéger dans cette haute institution doivent être des hommes et des femmes dont la sagesse est avérée. La sagesse se mesure par l'âge, l'expérience dans la gestion des affaires de l'Etat, l'excellence et la moralité.
C'est pourquoi le SENAT Français a eu plusieurs dénominations dans son histoire: Conseil de la République, haute chambre des conservateurs et maintenant haute chambre du Parlement.
La désignation par élection pouvant parfois ne pas refléter la réalité du statut des élus d'une chambre, telle que le SENAT, certains pays, en plus de ce mode de désignation classique, autorise le Chef de l'Etat ou l'Assemblée Nationale à désigner un quota de membres selon des critères bien établis.
Il faut dire qu'avec la naissance du SENAT, l'idée répandue était de trouver un contrepoids aux excès du suffrage universel. Cependant, la nécessité de l'instauration d'un équilibre entre pouvoirs au sein des Institutions républicaines a prévalu. Cette idée se généralise de plus en plus en Afrique et dans le monde.
En effet, le nombre de Parlements constitués de deux chambres est en constante augmentation dans le monde; il est passé de quarante en 1970 à soixante sept aujourd'hui. Il y a lieu de souligner que plus d'une douzaine d'Etats envisagent actuellement la création d'un SENAT.
Cette évolution positive est en opposition avec la tendance négative qui a marqué un temps, le déclin du bicamérisme.
Le débat entre partisans et adversaires du bicamérisme n'a plus sa raison d'être.
Le SENAT gabonais assume maintenant pleinement ses missions d'orientation de la politique gouvernementale par l'expression de son vote, de représentation des collectivités locales, de législation, de contrôle et la dignité du grand nombre des membres est un
atout remarquable.
Ainsi, ce rôle important qui lui est dévolu et reconnu doit également être à la hauteur des femmes et des hommes qui ont eu le privilège d'être choisis pour accomplir ces missions.
Ne dit-on pas que les meilleures lois restent lettre morte sans citoyens qui leur donnent vie, et je dirai, in extenso, que les Institutions républicaines ne valent que par les femmes et les hommes qui les composent, par les comportements démocratiques de leurs dirigeants et par les choix responsables des électeurs.
La création du SENAT gabonais n'a pas toujours été bien accueillie par la majorité de la classe politique et l'opinion publique. Mais après deux législatures, sa place est reconnue et acceptée au sein de la Nation.
Ce sont les hommes et les femmes qui ont constitué les deux premières législatures qui ont su donner au SENAT sa première image de marque. Je voudrais ici citer les noms de quelques fortes personnalités ayant contribué grandement à démentir une opinion erronée sur les raisons profondes de la création du SENAT, dans notre pays, mais qui ne sont plus membres de notre Institution.
Je m'abstiens volontairement de ne pas citer ceux, assez nombreux, qui oeuvrent encore pour la gloire du SENAT.
- Feu Georges RAWIRI ;
- Martin REKANGAL T ;
- Max REMONDO ;
- Raphaël MAMIAKA ;
- David EDOU N DONG;
-
Adrien MBUMB'KING ;
- Alexis MBOUY BOUTZIT ;
- Philibert BONGO AYOUMA ;
-
Paulin NGUEMA OBAME ;
- Maurice LEFLEM ; etc.
Que ceux que nous ne citons pas, m'en excuse. Ils n'ont pas moins joué un rôle important.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
A l'approche de la fin de la présente législature, mes Collègues et moi-même voulons simplement appeler l'attention de tous les principaux acteurs politiques sur le choix des femmes et des hommes qui, demain, viendront siéger dans cette chambre du Parlement.
Il est donc très important que les chefs de partis qui vont investir les prochains candidats au SENAT tiennent compte de certains critères évoqués dans mon propos. Que les femmes et les hommes qui seront choisis aient un profil qui permette au SENAT de continuer à jouer pleinement son rôle au sein de la Nation.
Les institutions ne valent que par les femmes et les hommes qui les composent et les dirigent.
Le SENAT n'est pas un lieu de tout repos, où l'appât du gain est érigé en première motivation.
C'est un forum national où s'opèrent des choix importants pour l'avenir de notre Pays.
C'est cette philosophie, cette vision dynamique pour l'avenir que nous devons préserver. Elle est nécessaire pour notre jeune démocratie, pour notre Nation, pour son évolution positive dans un monde où de multiples défis doivent être relevés.
Nous ne pourrons faire face à ces défis qu'avec des femmes et des hommes pétris d'expérience, conscients des devoirs que leur impose la confiance des électeurs et de leur parti politique.
Demain, à la faveur des dernières consultations électorales, notre Assemblée sera renouvelée aux deux tiers et c'est à cette réflexion à laquelle je vous invite, chers compatriotes.
Cette réflexion s'impose dès aujourd'hui, puisque dans un message du Président de la République, Chef de l'Etat, en date du 06 juin 2008, adressé aux Sénateurs, Son Excellence El Hadj Omar BONGO ONDIMBA a appelé l'attention des Sénateurs sur la nécessité d'accomplir leur devoir, jusqu'au terme de ce mandat, en dépit du résultat des élections des 23 et 27 avril 2008.
Monsieur le Premier Ministre, Distingués Invités,
Mes Chers Collègues,
Je voudrais terminer mon propos, en rendant, une fois encore, un vibrant et déférent hommage au Président de la République, Chef de l'Etat, Son Excellence El Hadj Omar BONGO ONDIMBA, pour l'accord global de paix qui a été signé, le samedi 21 juin 2008, dans notre Pays, entre le Gouvernement de la République Centrafricaine et deux mouvements politiques militaires.
Comme nous le savons, le destin des peuples d'Afrique Centrale est désormais lié, grâce à la mise en place de nos organisations intercommunautaires, je veux parler de la CEMAC et de la CEEAC.
Aussi, les objectifs politiques et économiques poursuivis par ces entités ne peuvent-ils être atteints que dans un climat de paix et de sécurité.
Nous nous félicitons de cet important accord d'autant plus que les populations de ce pays frère ont énormément souffert, ces dernières années, de multiples exactions commises tout au long des périodes de tensions.
C'est aussi l'occasion de rendre hommage aux forces militaires interafricaines qui ont grandement contribué au retour à une stabilité, en République Centrafricaine.
Sur ce, je déclare clos les travaux de la première session ordinaire de l'année 2008.
Vive le SENAT,
Vive le GABON.
Je vous remercie
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